BEAUVAIS
SUR
MATHA
INTRODUCTION :
Le nom de la commune de Beauvais-sur-Matha vient de son emplacement même : il est situé sur une auteur, la plus haute de la région, du pays de Matha (135 m). « Beauvais » vient donc de « Beauvoir », qui signifie la belle vue que l'on peut avoir depuis cette commune sur une partie du pays mathais.
Historiquement, la commune faisait partie de l'ancienne région de la Saintonge, dépendait aussi des comtes d'Angoulême, avant d'être intégrée au département de la Charente-Inférieure, devenue Charente-Maritime. Beauvais-sur-Matha se trouve dans ce que l'on nomme le pays de Matha.
Il s'agit actuellement d'une petite commune située aux confins du département de la Charente-Maritime, à environ 3 kilomètres de Matha, chef-lieu de la circonscription cantonale, et à environ 90 kilomètres de La Rochelle, chef-lieu du département, elle est aussi proche du département de la Charente, dont la principale grande ville la plus proche est Cognac.
Ainsi, nous verrons quelle importance, la commune de Beauvais-sur-Matha a t-elle pu avoir dans la région (la Saintonge), et qu'elles ont été les éléments et organismes qui ont fais cette importance, puis son effacement.
I°/ Une histoire éclipsée par un statut « méprisant ».
La commanderie : une seigneurie ecclésiastique prospère.
De la préhis-toire, de l'antiquité et de la fondation du bourg, nous ne savons à pro-prement parler rien, sinon que des populations ont vécu à cet emplacement, car nous en avons trouvé des traces au cours de travaux, et non de fouil-les, ce qui signifie que ces traces ont été trouvées par hasard. Il ne s'agissait malheureusement que d'ossements. Mais si l'on considère de façon plus large, selon l'espace de l'actuelle commune, nous découvrons des tumuli, pluriel du mot tumulus : grand amas artificiel de terre ou de pierre élevé au-dessus d'une sépulture, situés au Sud-Ouest du bourg actuel ; ainsi que des camp romain, aux confins Nord-Est du territoire de la commune, nommé « camp d'Orfeuil-le », situé à proximité du château de Brouilleraud, dans le bois du même nom.
Pour continuer aux alentours du bourg, nous pouvons citer de nouveau ce dernier monument, dont il ne reste que des ruines et qui serait relié au château de la commanderie de Beauvais par un souterrain de 3 ou 6 kilomètres ; puis nous remarquons également une chapelle souterraine. Venons en maintenant à ce qui touchait et touche aujourd'hui le bourg, les dépendances de l'ancienne commanderie et celles de l'actuelle mairie.
Au temps présumé des Templiers, nous pouvons citer tout d'abord les maisons de Bourcelaine (existe encore en tant que village appartenant à la commune), et Sallerit (village situé dans le département voisin de la Charente). Nous passons ensuite en 1373, soixante ans après l'élimination des templiers, où nous observons l'attachement entre les la commanderie et les maisons que nous avons déjà citées, ainsi qu'avec celles de Boixe,Le Fouilloux, et Angoulême. Enfin, à l'époque moderne, s'ajoutent Le Dognon, Angles et Chateaubernard.
De la possession de telles dépendances, l'on peut croire à la puissance de la commanderie et des deux ordres qui ont régné. Mais cette puissance à une origine et nous allons y revenir. Pour cela il nous faut voir les actes qui stipulent que la fondation de Beauvais aurait daté de l'année 1151, toutefois Anne-Marie Legras nous dit, dans son ouvrage sur Les Commanderies des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Saintonge et en Aunis, qu'il s'agirait de faux. Cependant, elle nous confirme que l'église daterait elle de la seconde moitié du XIIe siècle, d'après l'étude du portail, de style roman tardif.
Dans tous les cas, les bases du bourg ont été apportées par l'ordre des Templiers, et comme dans beaucoup d'endroits, des habitats se seraient construits tout à proximité. On se trouverait en face d'une de ces villes nouvelles qui se sont formées aux XIe et XIIe siècle, que se soit autour de monuments ecclésiastiques, politiques, militaires. De cette période templière, malheureusement nous ne savons que trop peu de choses.
C'est pour cela que l'on a l'impression d'entrée réellement dans « l'Histoire » du bourg quand on arrive à l'année 1307. Car même si nous avions déjà quelques écrits de ce temps, l'acte d'arrestation des Templiers dans toute l'Europe amène le sentiment d'une activité plus intense. En fait, l'activité t la même, il y a juste une influence plus importante de la politique séculière sur la vie locale du bourg de Beauvais.
Le 2 Mai 1312, le pape par la bulle Ad Providam donne aux Hospitaliers, ou Chevaliers de Rhodes, les biens des Templiers. Ce transfère de biens s'effectue plus ou moins bien selon les régions d'Europe occidentale. Pour le cas de Beauvais, tout ce que nous savons c'est qu'à la moitié du XIVe siècle, les Hospitaliers étaient les maîtres des lieux. À cette époque, la France était entré depuis 1337 dans la guerre que nous appelons « guerre de Cent Ans ». D'ailleurs, Beauvais-sur-Matha eut forcément à souffrir de tous les aléas du temps, dont la Grand Mortalité a été le principal élément. Ce n'est pas pour rien qu'en 1373 toutes les « succursales » ont été désertées. C'est d'ailleurs pour combattre les excès des voisins de la commanderie, principalement le capitaine de Saint-Maixent, que le roi Charles VII y envoie en 1377 des lettres condamnant ces actes ou imposant le payement d'amendes pour réparation des dégâts.
Suite à la paix de fait avec l'Angleterre, les rois de France participent au développement de Beauvais-sur-Matha et du territoire de la commanderie, par des lettres patentes datées de la seconde moitié du XVe siècle. De la fin de la guerre de Cent Ans aux guerres de Religion, la paix règne enfin de nouveau sur les terres de la commanderie des Hospitaliers de Rhodes du bourg de Beauvais. L'ordre devient en 1530 celui des Chevaliers de Malte, suite à la fuite de l'île de Rhodes et à l'installation de la maison-mère sur l'île de Malte.
Mais l'époque moderne, en Saintonge, même si la paix est de règle, doit aussi connaître les aléas de la guerre entre catholiques et protestants. Ainsi, en 1572 le commandeur, qui dirige le territoire de Beauvais-sur-Matha, voit passer la compagnie du chef catholique Armand de Gontaut-Biron (1524-1592), qui y passe ses troupes en revue ; et en 1586 qui voit se perpétrer un massacre de la population par la soldatesque protestante, dirigée par Théodore Agrippa d'Aubigné, qui est victoire des catholiques à seulement dix kilomètres du bourg. La population subit alors la peste, suite à la bataille qui laisse des cadavres sur le champs de bataille. Beauvais-sur-Matha, ville de confession catholique, voit sa population passer de 5 000 à 1 800 habitants.
Avec Henri IV, la paix revient à nouveau, pour la deuxième fois, suite à l'Édit de Nantes de 1598. la prospérité revient alors petit à petit au long du XVIIe siècle, avant de pouvoir effectuer des restaurations de l'église par morceaux. Le bourg, grâce à sa commanderie, demeure durant toute la période de l'Ancien Régime d'une grande importance tant économique que religieuse, même si les chemins de Saint-Jacques de Compostelle n'y passent pas.
Malheureusement, la politique fait encore son retour dans la région, faute à la centralisation. Le roi Louis XVI ne parvenant pas à effectuer les réformes nécessaires au renflouement des caisses de l'État, fait appel pour le mois de Mai 1789 aux États Généraux. Deux mois après, le Tiers État se réuni avec d'autres députés pour former la première Assemblée de France, devenue Constituante en Juillet 1789. et c'est au cours du mois d'Août que la décision est prise d'abolir les Privilèges ainsi que les droits féodaux. Dès lors les Chevaliers de l'ordre de Malte perdent la possession du territoire de Beauvais-sur-Matha, avant d'abandonner finalement et définitivement les lieux.
Une commune en difficulté face à son patrimoine et à sa disgrâce.
Alors que la Révolution poursuit son cours après 1789, l'année sans pareille, le bourg en fait de même, malgré le départ de ses chevaliers, sans doute suite à la proclamation de la Constitution civile du clergé, l'année suivante (1790). le cadre administratif se crée ensuite dès 1791, avec la division du royaume en départements et petit à petit la création des communes, des cantons, préfectures, sous-préfectures : de Beauvais-sur-Matha la Convention en fait une commune et un chef-lieu de canton au sein du département de la Charente-Inférieure. Ce dernier statut lui sera malheureusement retiré en 1801, à l'époque du consulat sous l'égide de Napoléon Bonaparte. Cette disgrâce se vit forcément mal, car la commune passe d'une position dominante sur toute une partie d'une province, à celle d'un centre soumis au bon vouloir d'un commune voisine (Matha) située à trois kilomètres, désignée comme chef-lieu de canton, et qui est loin d'avoir une histoire comme celle nous venons de relater.
Cela est d'autant plus dommageable que la municipalité doit maintenant faire face à un patrimoine matériel qui à un besoin pressent de restauration. Déjà l'église a eut à subir de multiples travaux. Prenons pour base le témoignage d'un commissaire en visite à Beauvais en 1655 : « l'église est très grande, longue, haulte et spacieuse », elle possédait aussi trois autels : le grand autel, l'autel du Rosaire située dans une chapelle, et un troisième placé entre les deux. Une partie de la couverture de l'église venait d'être refaite, ainsi que la voûte du bas du clocher et de solides murailles autour de la cour du château avaient été construites. Toutefois le logis nécessitait des réparations, comme l'église paroissiale dans les années 1670. ces travaux furent effectués certainement vers 1700, car en 1718 une autre visite nous informe que l'affaire a été faite. Pourtant, la commanderie n'était pas au bout de ses peines car le clocher se dégradait à son tour avant d'être endommagé par l'orage vers 1729, sans qu'il n'y ait eut d'entreprise de restauration cette foi-ci. Du coup, la flèche s'effondra en 1741, et les réparations ne se firent que vers 1749-1750. Depuis, la forme du clocher ne bougea pas d'un pouce, mais la cloche eut aussi à souffrir dans le même temps que le clocher, ayant une fêlure, a été réparée également avec son bâtiment, qui ont tous deux été classés en 1932 comme monument historique.
À propos des travaux effectués par la commune, ils ont concerné non seulement l'église, mais aussi le cimetière, la mairie, les écoles et les halles.
De l'église nous pouvons dire encore qu'elle a été réédifiée en 1828. Nous avions en fait deux église sous l'Ancien Régime : celle de la paroisse et celle de la commanderie, toutes deux mitoyennes l'une de l'autre,le clocher formant l'entrée de la paroissiale. Cette réédification toucha donc plus particulièrement le première qui fut démolie et remplacée par la seconde qui devint la seule église du bourg, et la largeur a été réduite. Les travaux se poursuivent ensuite en 1861, avec l'ouverture de huit fenêtres au sommet du clocher et la couverture de la sacristie, selon le procès-verbal du 12 Août, puis l'installation de l'horloge qui s'est faite en deux temps : en 1893-1894, une première horloge a été mise en place sur la façade de l'église, et en 1922, le cadran a été changé, celui mesurant 1,20 m et ayant une minuterie à long canon se trouvant à l'intérieur du clocher, rendant ainsi plus aisés le graissage et l'entretien. Enfin, en 1911 une rénovation totale à été entreprise, concernant la couverture, les lattis, la charpente, l'escalier de la tour, les corniches, contre-forts, jambages, cordons, claveaux, lézardes, soubassement et porte.
Ainsi, l'église était l'élément le plus important du bourg, mais le cimetière jouait un grand rôle culturel, quelque soit le lieu d'ailleurs, qui était celui de la reconnaissance de communautés distinctes. En effet, nous avons maintenant, qu'y vivait à Beauvais-sur-Matha une communauté protestante au XIXe siècle. Mais avant d'y venir, attachons-nous à l'ancien cimetière, qui se trouvait en face, sur le côté de l'église, là où l'on peut voir le monument aux morts de la commune. Cet ancien lieu de sépulture à donc été amélioré à trois reprises au cours du XIXe siècle. Tout d'abord en 1833 il était situé, et il est encore aujourd'hui, à l'extrémité la moins habitée de la commune, formait un carré inégal, avec une muraille sur un seul côté, les trois autres ayant juste une palissade. Cette année-là deux autres côté ont été murés :au midi (sud) et au couchant (ouest), et il faut attendre 1860 pour voir la clôture être totale. Enfin, l'ultime aménagement du cimetière a été en 1863, où les sépultures protestantes ont été séparées de celles des catholiques par un mur, avec une entrée pour chacun de ces deux espaces.
C'était le dernier car pendant quarante ans rien ne fut entrepris, et à la fin de cette période, la décision fut prise de construire un nouveau cimetière, plus à l'extérieure du bourg, qui est celui que l'on peut voir actuellement. Nous sommes entre 1901 et 1904, et le conseil municipal prend toutes les directives concernant l'architecture et les matériaux de construction. Il s'agissait de clôturer un espace plus grand, qui accueillerait les sépultures de toutes les confessions , catholiques et protestantes, avec des structures contemporaines et égales pour tous. Une grille en fer forgée avec porte bâtarde à l'entrée, ainsi qu'un petit bâtiment et un hangar, dans l'angle nord-est du nouveau cimetière, pour le corbillard et la pierre de taille et les matériaux de première qualité avec une provenance très précise, sous peines d'amendes pour l'entrepreneur, ont été imposés à ce dernier par la municipalité. De ce projet, seules les chaînes de l'entrée ont été retirées, il n'y a moins de dix ans.
Dans le sens de la restauration, il ne reste plus maintenant qu'à citer les halles. Elles dates sûrement du XVe ou du XVIe siècle car, comme nous l'avons dit, Beauvais a obtenu des rois de France de la seconde moitié du XVe siècle un marché tous les vendredi et quatre foires dans l'année. Elle s'élevait au milieu du bourg, et d'après une description datée de 1740, elle était « fort grand et spacieuse » et elles »ont 150 pieds (environ 49 m) de long sur 60 (20 m)de largeur ».
Nous n'avons également pas cité la commanderie, car depuis le départ des Chevaliers de Malte, elle est devenue une ferme comme les autres, un établissement privé, dont seul le propriétaire avait à charge d'entretenir les bâtiments à sa guise. Il se trouve par ailleurs que le château n'existe plus, et que seule l'entrée nous permet de nous dire qu'il s'agissait d'un lieu important pour le bourg.
Enfin, la municipalité a eut pour devoir de construire un bâtiment correcte pour l'instruction publique, et une mairie pour que la commune soit conforme à son statut. De l'éducation, nous savons les conditions d'hygiène grâce à un compte-rendu d'un inspecteur des écoles de 1860-1861, qu'elle se déroulait dans une cave. C'est à la suite de cette visite que la commune fait bâtir, Rue de la Garde, une maison-école pour garçons, au rez-de-chaussée d'un bâtiment qui comptait également au niveau du sol une salle pour la mairie, et à l'étage les appartements de l'instituteur. Et ce n'était là qu'un début, car en 1887 une maison-école pour filles est élevée Rue Neuve (rue nouvellement ouverte à l'époque), e »t au dans les années 1900, l'école pour garçons est déplacé à l'emplacement de l'actuelle salle des fêtes, qui date de 1928, trois après l'échec du projet d'établir l'école communale pour garçons dans l'ancien presbytère, et un an après la jonction des deux écoles pour filles et pour garçons. La mairie que l'on peut voir aujourd'hui date elle de 1929. elle se constituait d'un petit ameublement et d'un éclairage électrique installés dans quatre ou cinq pièces si l'on compte le hall. La suite n'est plus qu'aménagements : un préau et des toilettes avec l'agrandissement de la cour de l'école en 1936-1937, l'ouverture d'une cantine en 1962, et d'une maternelle en 1980.
C'est suite à une histoire plutôt heureuse et grande, toujours connus, au moins par quelques uns, dont l'instituteur de 1895, Philippe ROUCHER, et une association culturelle, chargée des archives municipales et de la sauvegarde de l'histoire de la commune, que celle-ci a put survivre après sa disgrâce de 1801. Mais c'est de cette survit qu'est né un sentiment de conflit latent entre Beauvais et Matha.
II°/ Les vestiges d'un patrimoine.
L'église.
Ces trois vues de l'église nous montre bien son ancienneté et l'importance qu'elle a eu, rien qu'avec son imposant clocher. L'on voit également bien qu'elle a subi des lourdes modifications par l'impression que l'on a d'apercevoir un manque au sommet du clocher et du bâtiment principal, contenant la nef. Si l'on en revient aux origines, une flèche sur le clocher, peut-être un toit à deux versants au-dessus de la nef restante, et une seconde nef, mitoyenne à l'autre, et ayant pour entrée la porte située au pied du clocher. Celui-ci possède également un escalier intégré dans un contre-fort, que l'on voit percé de meurtrières.
Concernant l'architecture, étant donné que la façade est d'origine, on voit bien le mélange entre le style roman et le gothique, avec l'entrée voûtée et des fenêtres en ogives brisées.
La commanderie.
De cette ancienne place forte, nous avons dit que nous ne pouvions voir grand chose, de part son statut de propriété privée à la suite de son abandon par les Chevaliers de l'ordre de Malte. Elle est donc devenue une ferme comme les autres, mise à part qu'elle demeure im-pose par son aspect. Sur cette photo nous voyons l'entrée de cette ferme. Nous pouvons en dire qu'elle doit être plutôt récente, qu'elle ne doit dater que du XIXe siècle, et donc elle n'aurait pas existé durant l'Ancien Régime. D'ailleurs, si c'était le cas, elle au-rait intégré dans son enceinte l'ac-tuelle église paroissiale. Signalons encore les deux portes que l'on re-trouveras à l'entrée du nouveaux ci-metière. La plus grande permettant le passage des anciennes charrettes, et des actuels véhicules agricoles, l'autre, plus petite, pour le passage des simples piétons.
La mairie et sa collection.
La mairie date, comme nous l'avons dit de 1929, et son architecture nous le montre parfaitement, car elle nous ramène bien à cette époque. En fait, on a l'impression de voir l'un de ces bâtiments qui se sont construits dans les années 1920 et en France, mais en plus petit. Prenons pour exemple le cénotaphe de Londres (monument aux morts).
Ce bâtiment, simple de con-ception et petit de taille, contient une partie des archives de la municipalité, le reste pou-vant être consulté aux archives départe-mentales, à La Rochelle ; et une très belle collection de flacons de cognac, dont nous pouvons voir quelques uns de ces échantillons comme ces drakkars vikings, paquebots, écus, petits flacons normaux, etc. Bref, toute une collection issue d'une donation des enfants de Monsieur Carré, effectuée après le décès de ce dernier.
Les métiers d'une commune (annexe 4) et son patrimoine : le pineau des Charente.
Dans sa monographie, Philippe ROUGER nous présente également l'ensemble des métiers qui existaient. La liste est d'autant plus impressionnante que l'on est très loin de pouvoir tous les voir en activité dans le bourg. En un siècle, la quasi-totalité de ces métiers a disparue de la vie de la commune. C'est à peine si le visiteur peut trouver une boulangerie, une boucherie et des maisons d'hôtes. D'ailleurs, pour tous ceux qui y portent attention, c'est le cas dans de nombreux bourgs, quelque soit la région de France dans laquelle le visiteur se trouve. Cette désertion des petits commerces à pour effet de faire fuir non seulement la population mais aussi le tourisme. Par contre, l'existence de commerces de bases permet de donner l'impression au touriste, de revenir aux sources surtout si le bourg est situé dans une région dont le paysage est intéressant, ce qui est le cas de la commune de Beauvais-sur-Matha, en ce qui concerne la beauté du paysage.
De fait, la survivance de l'activité agricole dans cette région permet la production d'un vin, le pineau, dont la dégustation se fait au moment de l'apéritif et qui doit être servi très frais et sans glace. Il peut également être servi en entrée, dans un petit melon ou avec du foie gras, et il peut entrer dans de nombreuses recettes de cuisines. C'est un vin que l'on ne trouve que dans les dé-partements de Charente et Charente-Maritime, en voisinage avec le Cognac, produit dans les alentours de la ville qui porte le même nom, ainsi qu'à proximité de Beauvais-sur-Matha.
Mais ce vin est issu d'un heureux hasard. La légende dit qu'en 1589, l'année de l'accession au trône de Henri IV, un vigneron charentais versa du moût de raisin, non alcoolisé, dans une barrique d'eau-de-vie de Cognac, et ce n'est que l'année suivante qu'il eut la surprise de découvrir qu'il avait produit un merveilleux breuvage, limpide, ensoleillé comme la terre des Charentes. Depuis ce temps, le pineau est toujours produit de cette manière avec toute la patience dont les vignerons peuvent faire preuve. La minutieuse attention qu'apportent les vignerons à l'élaboration de leur Pineau des Charentes, lui confère une âme.
III°/ À la découverte d'un patrimoine.
Maintenant que nous connaissons l'histoire et le potentiel patrimonial de la commune, il nous faut imaginer ce que pourrait-être le centre d'interprétation de ce patrimoine, tout en sachant qu'il nous faut intéresser aussi bien les adultes que les enfants.
Centre patrimonial de Beauvais.
Nous imaginerons tout d'abord ce à quoi ressemblerait ce centre. Suite à tout ce que nous avons présenté ci-dessus, intégrons une image en trois dimensions du bourg communal, et plaçons cet établissement à l'autre bout du bourg, ce qui permet au visiteur d'avoir un premier aperçu et une première idée sur ce qu'il pourrait voir et apprendre. Enfin, même si le chemin à l'intérieur du bourg passe par de petites rues, il ne pourrait se perdre avec le bon fléchage qu'il y aurait, il serait impensable de laisser se débrouiller une personne qui y viendrait pour la première fois, au risque qu'il se perde et qu'il décide de rebrousser chemin.
Alors il parvient au C.P.B. (Centre Patrimonial de Beauvais-sur-Matha). Il s'aperçoit alors du contraste flagrant entre l'architecture moderne de ce bâtiment, et celui plutôt ancien du centre du bourg. Tout signalons qu'il se serait pas fait de béton brut, ce qui dénaturerait l'esprit du lieu. Au contraire, il se composerai de bois pour l'armature, et de larges baies vitrées, et en cas de pluie, le visiteur est à l'abri sous une verrière en lames du parking à l'entrée.
Puis il entre dans le hall et voit en plus du guichet, des représentations de croisés, de récoltes agricoles, de vie com-merciale, en estampes et en sculptures. Il s'agit de repré-sentations générales, mais elles ont toutes un lien avec le pa-trimoine de Beauvais-sur-Matha. C'est une mise en bouche, que le visiteur ne peut manquer de re-marquer. Il prend ces billets et reçoit un dépliant avec le plan du bourg et l'itinéraire de la visite, et est stupéfait de toutes les propo-sitions faites par le Centre, et pour un peu qu'il soit avec des enfants, il leur fera remarquer l'esprit ludique que prendra cette visite.
Déjà un obstacle, il y a deux chemins, deux types d'interprétations, celle pur les adultes à gauche, et l'autre pour les enfants, soit il y aura séparation, soit tous ferons les visites ensemble, dans le premier cas un guide se chargera de la surveillance des petits.
Nous prendrons tout d'abord celui de gauche, même si tous les deux présentent un même parcours thématique. Et l'on commence par la découverte de l'histoire du pays, se retrouvant en face de textes, que certains ne lirons pas, d'imagerie, de photographies, de cartographies, situant chacun des éléments présentés, et principalement ceux qui ne se trouvent pas à l'intérieur même du bourg, ainsi qu'une maquette du bourg avant la restauration de 1749-1751, présentant les églises avec la flèche au sommet du clocher. Des mannequins sont aussi présentés : un Templier et un Chevalier de Malte. Il y aurait même des petites cabines où l'on pourrait écouter des musiques et chants d'époques, comme Jean-François Dutertre nous offre les chants traditionnels de Normandie, des objets enfin, sous vitrines. Des musiques et bruitages d'ambiances tourneraient en boucle dans les diverses salles de l'exposition, selon la période : entre paix et mouvement.
Il en est de même pour l'ambiance, dans l'exposition des métiers d'autrefois, et dans celle de la distillerie. Toutes se suivent les unes après les autres. Celle des métiers d'autrefois nous présente ceux que l'on pouvait voir à la fin du XIXe siècle, ceux que nous présentait Philippe ROUCHER dans sa monographie. Une longue liste que je ne pourrais définir ici, mais qui se nommée et représentée par des mises en scènes avec des mannequins placés dans l'environnement correspondant. Le visiteur entre ensuite dans la distillerie du C.P.B. Où il assistera à la fabrication du pineau, en accéléré, et dont il en fera la dégustation avec le Cognac qui est produit à proximité.
On sort ensuite, se retrouvant sous une verrerie identique à celle que nous avons rencontrée à l'arrivée, et l'on rejoint ainsi les enfants qui seront peut-être déjà ressorti de leur parcours. Mais qu'ont-ils put voir ? Qu'ont-ils put faire ?
Les aspects ludique et carte postale de la visite.
Eux aussi sont passés par l'histoire, les métiers d'autrefois, et la distillerie, mais ils l'ont fait d'une façon, ils l'ont fait accompagnés par le jeu. Ainsi ils se seraient moins ennuyé que s'ils avaient fait le même parcours que leur parents.
Selon les âges, certains petits reçoivent des dessins à colorier, qui représentent certaines périodes de l'histoire de Beauvais-sur-Matha et certaines scènes des métiers des environ de 1900. Ainsi des esquisses médiévales, renaissances, modernes, et contemporaines sur lesquels les personnages seraient des enfants, avec parfois des adultes représentés. Un coin constructions leur permettra de construire un château ou une église, si possible rebâtir les bâtiments réels avec leur touche personnelle, et cela avec pour matériaux, l'usage de « Légos » et autres jouets pour enfants. Tout cela pouvant se faire avec en plus l'idée du déguisement : les enfants auraient le choix entre des costumes de Templiers, de Chevaliers de Malte, de paysans ou autres artisans. Enfin, la distillerie se transformera en une sorte de laboratoire où ils pourraient créer à leur façon le jus de raisin qu'il auront le plaisir de goûter à la sortie.
Et au moment où ils retrouvent leurs parents, la visite continu par un jeu de piste dans un labyrinthe. Le groupe familial peut ainsi refaire ensemble l'aventure de Beauvais-sur-Matha, de la création du bourg à la Révolution. Ce labyrinthe représenterait par ailleurs les rues du bourg avec l'emplacement des principaux monuments de la commune.
La sortie de ce jeu passerait par le Centre Patrimonial de Beauvais-sur-Matha, qui donne accès à un vestiaire pour permettre aux enfants de rendre leurs costumes. La déception occasionnée par la rendue des déguisements peut ainsi amener la famille à passer par la case boutique où ils trouveront cartes postales, déguisements, estampes, maquettes des métiers et des monuments, ainsi qu'une multitude de produits dérivés, et bien sûr sans oublier des bouteilles de pineau issu de l production locale.
D'ailleurs l'idée de la carte postale appliquée par le touristes de La Rochelle, principalement au Vieux-Port peut-être reprise face à l'église, qui est actuellement en restauration. Le désir du touriste de se mettre sur la carte postale, peut amener leurs amis à y venir et eux-même à y revenir, voire à y passer plus de temps.
CONCLUSION :
La petite commune de Beauvais-sur-Matha, par sa situation, ressemble un peu à celle où l'on peut trouver le musée du paléosite, près de Saintes. C'est un bourg qui est à l'écart de la route principale (la voie de contournement de Matha), et avec le bourg à traverser pour accéder au Centre Patrimonial de Beauvais (centre qu'il faut s'imaginer). Ce dernier, pour s'appliquer aura donc besoin d'être soutenu d'abord à la mairie de Beauvais-sur-Matha, qui pourrait ainsi faire appel au canton, puis au Conseil Général de la Charente-Maritime, car la découverte d'une histoire tournant autour d'un commanderie, d'un ordre composé de moines-soldats étant chose plutôt rare en France, pourrait fonctionner et développer le tourisme à l'intérieur du département, ce que cherche déjà à faire le Conseil Général. Et le plus étonnant dans cette histoire étant la disgrâce d'un bourg qui avait pouvoir une région importante, comprenant la ville d'Angoulême parmi ses « succursales ».
BIBLIOGRAPHIE :
Ouvrages généraux :
Ag. GERHARDS, Dictionnaire Historique des Ordres Religieux, éditions Fayard, Poitiers, 1998.
Al. DEMURGER, Chevaliers du Christ, Les Ordres religieux-militaires au Moyen-Âge, Xie-XVIe siècle, éditions du Seuil, Paris, 2002.
Al. DEMURGER, Vie et Mort de l'ordre du Temple, éditions du Seuil, collection Points Histoire, Évreux, 1989.
B. GALIMARD FLAVIGNY, Les Chevaliers de Malte, des hommes de fer et de foi, éditions Découvertes Gallimard Histoire, Évreux, 1998.
Ouvrages spécialisés :
J.-C. BONNIN, Les Templiers et leurs commanderies en Aunis, Saintonge, Angoumois, 1139-1312, éditions Rumeurs des Anges, La Rochelle, 1983.
R. COLLE, Châteaux, Manoirs et Forteresses d'Aunis et de Saintonge, Tome I, éditions Rupella, La Rochelle, 1984.
A.-M. LEGRAS, Les Commanderies des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Saintonge et en Aunis, éditions du C.N.R.S., Paris, 1983.
Archives :
Archives départementales :
côtes : 2O 150, 2O 151, 2O 152, 2O 154.
Archives municipales : (sans côtes).
Dépliants :
Rochefort, Le Musée des Commerces d'Autrefois.
Rochefort, Hôtel Hèbre de Saint-Clément.
Site internet :
www.histoirepassion.eu/spip.php?rubrique38