Aimé Césaire, le grand poète et homme politique martiniquais de ce vingtième siècle s'est éteint en ce 17 avril 2008, laissant derrière lui une grande oeuvre littéraire et philosophique.
Aimé Fernand David Césaire est né le 26 Juin 1913, à Basse-Pointe au sein d'une famille de sept enfants, fils d'un père fonctionnaire et d'une mère couturière, fréquenta l'école primaire de Basse-Pointe, puis le lycée Victor Schoelsher de Fort-de-France, grâce à l'obtetion d'une bourse. A 18 ans, de nouveau boursier, il est à Paris en classe d'hypokhâgne du lycée Louis-le-Grand, et y fait la rencontre de Léopold Sédar Senghor, président du Sénégal de 1960 à 1980. C'est alors qu'il se rend compte de la composante culturelle africaine des noirs d'Amérique et du caractère d'anihilation de cette composante culturelle par les sociétés coloniales. En 1934, il fonde avec d'autres, le journal L'Etudiant Noir dans lequel il va créer le concept de "Négritude" qui vise à rejeter d'une part le projet français d'assimilation culturelle et à promouvoir l'Afrique et sa culture, dévalorisées par le racisme issu de l'idéologie colonialiste. Il poursuit ses études en entrant à l'Ecole Normale Supérieure, en 1935, épouse en 1937, une étudiante martiniquaise, Suzanne Roussi, et rentre en 1939 dans son île natale.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le régime de Vichy s'étend sur la Martinique, amenant sur l'île une politique plus restrictive en matière culturelle, durcissement de l'assimilation à la culture française, ce qui a pour conséquence la création en 1941 par Aimé Césaire de la revue Tropiques, qui ne survit à la censure que pendant deux années. De plus, cette politique d'assimilation, qui apporte un climat déjà lourd pour la population noire de l'île, est secondé par un blocus des forces alliées.
Après la guerre, en 1945, Césaire est élu à la mairie de Fort-de-France, puis député de la Martinique, postes qu'il conserva respectivement jusqu'en 2001 et 1993. Aimé Césaire veut alors lutter contre le clientélisme, la corruption et le conservatisme structurel. En 1956, il quitte le parti communiste par opposition, et s'inscrit au Parti du regroupement africain et des fédéralistes avant de fonder la Parti Progressiste Martiniquais. Sa volonté est de mettre la culture à la portée du peuple et de valoriser les artistes du terroir, et est marquée par la mise en place des premiers festivals annuels de Fort-de-France en 1972, et d'une structure culturelle permanente grâce à l'installation au Parc Floral de Fort-de-France et dans les quartiers, d'une équipe professionnelle à partir de août 1974.
Après le décès de son camarade Senghor, il est resté l'un des derniers fondateurs de la pensée négritudiste. Jusqu'à sa mort, Aimé Césaire a toujours été sollicité et influent. On notera sa réaction à la loi française du 23 février 2005 sur les aspects positifs de la colonisation qu'il faudrait évoquer dans les programmes scolaires, loi dont il dénonce la lettre et l'esprit et qui l'amène à refuser de recevoir Nicolas Sarkozy. En mars 2006, Aimé Césaire revient sur sa décision et reçoit Nicolas Sarkozy puisque l'un des articles les plus controversés de la loi du 23 février 2005 a été abrogé.
Dès l'annonce de sa mort, de nombreuses personnalités politiques et littéraires lui ont rendu hommage comme le président de la République française Nicolas Sarkozy, l'ancien président sénégalais Abdou Diouf ou l'écrivain René Depestre. Des obsèques nationales lui ont été rendues le 20 avril 2008 à Fort-de-France, en présence du chef de l'État. Un grand discours a été prononcé par Pierre Aliker, son ancien premier adjoint à la mairie de Fort-de-France, âgé de 101 ans. Le président de la République n'a pas donné de discours mais s'est incliné devant la dépouille, devant plusieurs milliers de personnes réunies au stade de Dillon[6]. Il est inhumé au cimetière La Joyaux près de Fort-de-France.
La nécropole du Panthéon rend hommage aux grands hommes qui ont servi la France dans des domaines aussi variés que les lettres, la politique, la science, les arts...Y sont enterrés des personnes comme Voltaire ou Jean-Jacques Rousseau.
Pour Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'Outremer, un tel éloignement ne serait pas la meilleure chose.
Ségolène Royale a salué en Aimé Césaire un «éclaireur de notre temps» et demandé son entrée au Panthéon.
Et selon moi, l'on pourrait faire converger ces deux idées, en créant un Panthéon en Martinique qui rassemblerait les grands acteurs de vie politique, culturelle ou scientifique des Antilles, ou tout simplement des département d'outre-mer de la France antillaise.
Et vous, qu'en pensez-vous ?